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Votre herboriste vous veut du bien
19 MARS 2013 10 H 33 MIN5 COMMENTAIRES La phytothérapie revient à la mode. Preuve en est que l’émission Andi douak de Jamal Sqalli, connait un succès certain et popularise la résurgence du soin par les plantes. Un véritable engouement, non sans danger. 10h 45 dans les couloirs de la radio MFM un lundi matin. Jamal Sqalli fume une cigarette à l’accueil pendant que l’équipe de l’antenne se presse autour de lui, demandant différentes recettes et autres process prophylactiques. Le praticien est de taille plutôt modeste, la chevelure grisonnante et la moustache proéminente. Il tire des bouffées nerveuses de cigarette, qu’il se dépêche de fumer avant de passer à l’antenne. Il a gardé une disponibilité et une simplicité malgré la gloire que lui procure son émission sur les ondes à une heure de grande écoute. Il prend place sur son siège dans le studio réservé aux émissions en directe, repasse en revue ses notes, avant de commencer par un “coup de gueule”: “ne parcourez pas des kilomètres pour venir me rencontrer. Je ne peux pas recevoir tout le monde. Je suis à votre disposition sur les ondes. Posez vos questions à travers le journal Lalla Fatema ou MFM et je vous répondrai”. Exaspéré? Plutôt assailli de tous bords, mais répondant avec calme et détermination. Son émission a lancé une nouvelle mode, celle du soin par les plantes. Samedi matin, visite au marché Jmiaâ des herbes et autres épices. Des clients se pressent devant les étals des marchands. Les uns s’approvisionnent, d’autres commandent à tout va. Peut on parler d’un effet Jamal Sqalli? La question se pose, même si on ne peut pas l’affirmer catégoriquement. Mais très clairement, depuis qu’il intervient sur les ondes de MFM, les gens se pressent au portillon et demandent toutes sortes de recettes pour guérir des maladies plus ou moins inquiétantes et qui n’ont pas trouvé remède. C’est devenu le sujet de discussion du tout Casablanca. Pour les marchands des herbes et des épices, le phénomène est plus ancien et on ne fait qu’assister à des engouements périodiques. Lorsqu’une nouvelle recette se popularise, les gens l’essaient et se mettent à acheter certaines plantes qui entrent dans la composition de “la potion magique”. Pour Ahlam, femme au foyer d’une cinquantaine d’années, le recours à ces recettes ne relève pas de la mode: “mon fils a commencé à avoir un début de calvitie. L’utilisation des produits pharmacologiques n’a pas donné de résultats tangibles. Depuis, je suis passée aux recettes traditionnelles, qui elles, ont montré leur efficacité.” Saloua, jeune femme active, la trentaine, analyse les choses différemment: “on recherche d’abord des solutions à travers la médecine classique, mais lorsqu’on est déçu, on se tourne vers doua dial laarab, la médecine traditionnelle bien de chez nous.” Le retour massif aux méthodes traditionnelles a fait le tour de la place. L’échos dans la société marocaine que trouve l’émission “Andi douak” n’est que révélateur d’un phénomène plus vaste: on cherche la solution miracle pour solutionner des problèmes de santé. Déjà par le passé, on recommandait aux gens souffrant de maux de dents l’apposition d’un simple clou de girofle, alors que la verveine était couramment usitée pour calmer les nerfs. Mais au delà de ces recettes de grand mère, il y a une science que le Dr Jamal Belkhadar a recensée dans son livre sur les pharmacopées traditionnelles. Le phénomène aurait pris une telle ampleur, qu’une lame de fond provoque un vent de panique chez les médecins et pharmaciens qui se défient de ces “médicaments” qui échappent à tout contrôle. Des remèdes inégaux selon la provenance  Qui aurait imaginé, il n’y a pas longtemps un monde dans lequel le détartrage chez le dentiste serait remplacé par un brossage de dents au bicarbonate de soude et à l’eau oxygénée ? Un monde où le rhume classique serait soigné par des infusions chaudes. Il y a véritablement de quoi faire trembler la corporation des professionnels de la santé. Ce qui pourrait expliquer que le bon Dr Sqalli serait attaqué par des confrères. Pour des raisons de profits immédiats ou de sécurité des patients? Nul ne le sait. Pourtant, le soin par les herbes médicinales n’est pas nouveau. Il suffit d’ouvrir les journaux arabophones pour constater que des herboristes proposent des mixtures pour soigner le cancer (sic), le sida (re sic), et d’autres recettes pour fortifier le cuir chevelu ou pour adoucir la peau. C’est en effet une tendance inquiétante, qui peut ouvrir la porte au charlatanisme le plus éhonté. De quoi questionner les experts. Pour le Pr Abdessalam El Khanchoufi, directeur de l’Institut National des Plantes Médicinales et Aromatiques de Taounate, les choses sont on ne peut plus claires: “on ne parle pas des “remèdes” traditionnels comme médicaments, mais comme des compléments alimentaires, librement disponibles par ailleurs dans la parapharmacie classique. Il est clair que, les plantes entrent dans des composés médicaux, mais ne suffisent pas, à elles seules et sans autres apports pour constituer un médicament”, explique-t-il. Ce que Jamal Sqalli récuse : “les plantes sont à l’origine des médicaments traditionnels. Mais il y a une limite à toute chose, et on ne peut soigner des maladies génétiques ou chroniques uniquement par ce biais. Le soin par les plantes peut décupler les remèdes chimiques, ce qui peut aider à combattre des infections contre des virus de plus en plus résistants aux vaccins classiques”, admet-il cependant. Pour la pharmacologue, et directrice adjointe de l’Institut, Dr Dalila Bouseta, c’est cependant un jeu dangereux: “il y a un problème d’identification des plantes. Parfois on en vend une pour une autre, comme c’est le cas pour le thym-zaatar- qui compte une quinzaine d’espèces différentes. Certains mélanges peuvent même s’avérer dangereux pour la santé. De même que des problèmes en matière de conservation seraient de nature à mettre en danger la santé des patients.” Ce à quoi le Pr El Khanchoufi ajoute: “les plantes sont dépendantes de leur milieu naturel. En fonction de la région où elles poussent, elles contiendront une dose ou une autre de principe actif. Comme il y a différentes zones d’approvisionnement, les doses du “remède” ne sont pas identiques. Il faut être pharmacologue pour s’y retrouver.” Ce que M. Sqalli admet volontiers et sans restriction: “la vente des herbes médicinales n’est pas un commerce comme les autres. On joue avec la santé des malades, et parfois, des commerçants peu scrupuleux vendent des herbes communes à des prix déraisonnables, c’est honteux”, tempête-t-il. Remède traditionnel ou poison moderne Cependant, s’il faut respecter la posologie, il faut également tenir compte des règles de conservation des plantes, et de leur traitement. Ainsi, ces dernières doivent être entreposées dans un espace sec et à l’abri du soleil, de manière à ne pas perdre l’efficacité du principe actif de la plante: “il faut que les plantes soient entreposées la tête en bas, de manière à garder leurs vertus. Mais il faut également être vigilant, les plantes qui présentent des champignons et des pourritures sont impropres à l’usage”, poursuit Jamal Sqalli. Reste qu’il admet, comme les autres experts, qu’il ne faut pas se soigner de manière anarchique. Une plante doit être diluée dans de l’eau, ce qui permet d’éviter les désagréments.  Cependant, même si ce ne sont pas les dangers qui risquent de décourager les usagers des plantes médicinales, les herboristes ne sont pas malintentionnés ni ignares. Pour Dr Bouseta: “on a constaté un rapprochement entre les herboristes et les scientifiques. Ils cherchent à apprendre, et surtout à rationaliser leurs recettes traditionnelles. Mais dans ce cas, il faut se rendre dans les régions pour y découvrir les remèdes et constater, sur la durée, qu’ils ne provoquent pas d’effets secondaires,” rassure-t-elle. Pourtant, un “médicament” utilisé pour le traitement de la douleur s’avère très nocif. Il s’agit de l’aristoloche, autrement connue sous le nom barztam, qu’on préconise pour adoucir les douleurs des cancéreux. L’usage de cette plante est de nature à détériorer les reins de ceux qui en prennent. Un autre exemple de triste souvenir est celui du célèbre écrivain égyptien, Taha Hssine. Le recours à des recettes traditionnelles lui a tout simplement fait perdre la vue. Une autre plante toxique, utilisée par les drogués est la jusquiame -bouaqa- dont le jus contient le même poison qu’a utilisé Socrate pour mettre fin à ses jours, la cigüe.  Qu’on y croit ou pas, la médecine par les plantes est profondément ancrée dans les traditions marocaines et continuera probablement à avoir de beaux jours devant elle. Que ce soit pour teindre les cheveux, blanchir les dents ou soigner un rhume, la médecine traditionnelle reste en vogue. Mais ne remplace pas les traitements, cela s’entend.  
El Ouardi veut mettre fin à la \"Skalimania\"
h24info.ma / Publié le 17/05/2013 | 14h00 | Par K.O. et Z.C.   Le ministre (à g.) et Jamal Skali, le phytothérapeute le plus célèbre du royaume © Photomontage H24   Le ministre de la Santé pourrait mettre fin à « Andi Dwak », une émission de conseils santé en vogue sur MFM. Une décision surprenante au moment où l\\\\\\\'émission connaît un succès phénoménal et son auteur, Jamal Skali, est propulsé au rang de star ? C’est l’histoire du succès fulgurant, sur les ondes de MFM radio, de « Andi Dwak* » une émission de conseils de santé de Jamal Skali. Cet expert en plantes médicinales se présente comme « docteur en naturopathie, phytothérapie, aromathérapie, phytocosmetique et herboristerie ». Dans son émission, il donne de simples recettes à base de plantes ou d’épices contre l’acné, le ballonnement ou encore le surpoids.  Une moustache bien en évidence qui fait « sérieux », une certaine assurance au micro, une maîtrise parfaite du sujet (il connait sur le bout des doigts les noms des plantes médicinales en darija, amazigh et français)... Et cela produit son effet !   Son public va de l’ado boutonneux qui veut se débarrasser de ses boutons disgracieux jusqu’à la ménagère de plus de 50 ans, cible classique de ce genre d’émissions de conseils santé. « Andi Dwak* » est assailli d’appels, du lundi au jeudi, de 10h45 à 12h sur les ondes de la radio. A tel point que la présentatrice, Soumia Krimou, n’accorde que quelques secondes par appel. Et ils se comptent en dizaines et dizaines chaque jour.    Jamal Skalli supplie, chaque jour au micro, les auditeurs de lui laisser un peu de répit. Il demande qu’on ne le dérange plus constamment à son domicile. Il renvoie ses fans vers son profil Facebook  et internet, où ses recettes, c’est le moins que l’on puisse dire, font un tabac. Ses vidéos sont regardées des centaines de milliers de fois et ses recettes sont retranscrites par les auditeurs et mises en ligne.      « Je veux faire disparaître une cicatrice de rasoir de mon visage » ou encore  «Comment se débarrasser des kystes dans les ovaires ? ». Les demandes sont très larges, et Jamal Skali a toujours un conseil à prodiguer.   Sa plante fétiche ? L’Aloe Vera, reconnue pour ses vertus thérapeutiques. Et ça tombe bien, « la plante miracle du XXIe siècle » est justement très répandue au Maroc.   Du coup, la “Skallimania” a ses effets collatéraux. Dans les marchés populaires, de plus en plus d’étals vendent des mélanges de plantes dans des petits sachets arborant le nom du « docteur ». Et cela n’a pas que du bon. Beaucoup de vendeurs se trompent de plante, et vendent parfois des cactus qui ressemblent à l’Aloe vera ! Le succès de l’émission est donc tellement important qu’il commence à avoir des effets négatifs. C’est d’ailleurs ce qui explique la montée au créneau du ministère de la Santé.   Des médecins ont alerté le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi, sur la «multiplication des cas d’empoisonnements ». En 2012, le centre antipoison a enregistré 8483 cas d’empoisonnement dont 149 dus à une intoxication par des plantes. Certes, Jamal Skali n’est pas mis en cause directement et El Ouardi a pris soin de ne pas le citer nommément ni son émission d\\\\\\\'ailleurs. Mais le ministre a saisi la HACA (Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle), instance officielle chargée de surveiller les ondes, et l’a appelée dans un communiqué à « interdire toutes les émissions de conseils santé traditionnels et naturels sur les radios nationales (privées et publiques) ».   « Ces émissions communiquent à leurs publics des informations sur des traitements de toutes natures, à base de produits végétaux ou minéraux, dont les effets thérapeutiques n\\\\\\\'ont jamais été prouvés, et dans plusieurs cas, certains produits ont été déclarés de haute toxicité et peuvent menacer la santé publique dans le pays », peut-on lire dans le communiqué.   La décision du ministre en a surpris plus d’un. Contacté par H24info, un ancien membre du Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle (organe exécutif de la HACA) ironise en lançant : « Avant que le ministre de la Santé interpelle la HACA, il devrait se pencher sur l’encadrement du marché informel des médecines douces ».   La chaîne radio n’a pas réagi officiellement, et l’émission continue pour le moment. En attendant, les fans du docteur s’inquiètent. Et sur lapage officielle de MFM radio les responsables de la chaînes écrivent : « Andi Dwak* va être arrêté sur demande du ministère de la Santé ». Sans plus de détails. Mais pour l’heure, aucune conclusion ne peut être tirée. Le ministère de la Santé et les radios attentent la décision de la HACA, seule habilitée à prendre une décision en sa qualité de gendarme des ondes.   
Qui veut la peau de Jamal Skali ?
Qui veut la peau de Jamal Skali ?   MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1026 - Du 24 au 30 Mai 2013   POLÉMIQUE. Depuis le 16 mai 2013, la polémique monte autour de l’émission “Aandi dwak” du docteur Jamal Skali, présentée sur la radio MFM. Les médecins spécialistes privés veulent que le ministre de la santé interdise cette émission. Le HACA est saisie. par Abdelhak Najib     Tout est parti de cette correspondance adressée à la HACA, par le ministre de la Santé, Houssaine El Ouardi, le 16 mai 2013. Il y appelle cette instance à intervenir pour arrêter la diffusion sur des radios nationales, notamment privées, des émissions «dites de conseil pour la santé, animées par des personnes se disant spécialisées soit en médecine, en nutrition diététique ou en herboristerie.»  Si le ministre de la Santé n’a pas précisé de quelle radio il s’agit, notre enquête nous a conduit directement à une autre correspondance, cette fois-ci adressée par le Collège syndical national des médecins spécialistes privés, en date du 22 avril 2013, au Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, où plusieurs médecins demandent au ministre d’interdire l’émission du docteur Jamal Skali, «Aandi Dwak» (j’ai ton remède), présentée par Soumaya Kraimo et diffusée sur la radio MFM, dont le président est Kamal Lahlou. Les docteurs Agoumi, Iraqi Houssaini, Afif, Laglaoui et d’autres accusent Jamal Skali de profiter «de l’avidité des citoyens pour les remèdes naturels pour asseoir une notoriété qu’il reconnaît à lui-même en détournant les patients de leurs traitements, prescrits par des spécialistes reconnus dans le domaine». L’émission d’une heure (et non pas deux heures comme l’ont écrit les médecins privés du collège syndical dans leur lettre)diffusée du lundi au jeudi (et non jusqu’au vendredi) a recours aux conseils de Jamal Skali, qui est docteur en naturopathie, spécialiste en phytothérapie, en aromathérapie et phytocosmétique.  Tous ces diplômes sont obtenus au Canada, où Jamal Skali a passé de nombreuses années pour devenir le consultant et le thérapeute reconnu qu’il est aujourd’hui. Face à ces accusations, M. Skali répond que «jamais je n’ai demandé à un patient de ne pas prendre ses médicaments. Au contraire, dans toutes mes émissions, depuis quatre mois que je passe à l’antenne sur MFM, j’ai toujours mis un point d’honneur à inciter les gens à aller voir leurs médecins traitants et de continuer de prendre leurs médicaments prescrits par leurs spécialistes». Déficit sanitaire Vérification faite sur Youtube où l’on peut voir l’étendue de la notoriété du docteur, Jamal Skali exhorte les gens à ne pas tourner le dos à la médecine et aux médicaments prescrits par leurs médecins. Pour M. Skali, il s’agit là «de pressions de la part des médecins privés qui craignent un manque à gagner».  Il y a de quoi quand on voit l’engouement du public pour cette émission qui bat tous les records d’audience. Surtout que les consultations sur la radio sont gratuites. Ce qui pour Jamal Skali est une très bonne chose, parce que «l’écrasante majorité des Marocains, surtout dans le milieu rural, n’a aucun accès aux soins. Pire, ils ne peuvent pas se payer le prix d’une consultation. Alors si je peux aider en prescrivant des recettes simples, avec des produits sans la moindre toxicité qui peuvent les soulager, j’estime que je rends un service à mes concitoyens qui sont dans le besoin, et que le système de santé tel qu’il est appliqué au Maroc exclut»
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